Biographie

Sans formation traditionnelle, Pascal Briba se situe en dehors de toute école, voire de toutes tendances picturales. Sa technique est d’ailleurs très personnelle et inventive puisqu’il peint sur papier, peut utiliser le scotch pour jouer avec la transparence de la couleur, puis maroufler sur bois et terminer ses tableaux en collant du papier kraft sur les bords, offrant ainsi un encadrement à son sujet.
Alors qu’il effectue son service civil au musée d’art moderne du centre Georges Pompidou en 1987 , Pascal Briba découvre un univers méconnu jusqu’alors : le dessin et la peinture. C’est le choc :
lui qui n’a jamais touché un pinceau ni intégré une école d’art, a t-il le droit d’essayer ?
Dans le même temps, il confie ses pinceaux à sa main gauche, responsable d’aucun échec.

Un sujet semble hanter la peinture de ce peintre : le visage…celui de ses amis, le sien, celui qu’il invente à la vierge Marie en Mater dolorosa et à tous les autres. Le visage remplit le support. Parfois, il semble même le déborder, sans souci des proportions et ses taches de couleurs possèdent à leur guise l’espace! Des visages encore et toujours, aux yeux agrandis, souvent bleus, soulignés de traits noirs, rehaussés de blanc: on pense alors au vitrail… ou à l’expressionnisme mais l’indiscipline du trait, le trop plein de peinture qui s’en échappe préviennent qu’il s’agit d’un nouveau genre !
Le visage surgit parfois d’un buste, d’un corps atrophié au mouvement raide et figé comme si soudain le peintre faisait une concession à la réalité.
Ses « piéta » méritent une attention particulière : Marie est représentée, assise retenant le corps mort de son fils ; elle nous fixe, avec des yeux remplis d’une souffrance qui ne s’élève pas vers Dieu, ou les paupières closes sur son chagrin de mère ; on pense au « Christ aux outrages » de G.Rouault en convenant pourtant qu’ici, le sujet n’est pas traité avec un esprit religieux.

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

L’utilisation de la couleur fait l’originalité de ce peintre; la couleur choisie est souvent déclinée dans toutes ses nuances dans le même tableau sans aucune approche de vérité figurative : des bleus, des verts avec des rehauts de noir ou de blanc qui s’échappent avec indiscipline comme si le peintre se vouait soudain à un barbouillage avec la gravité de l’enfance:on peut même dire que Pascal Briba nous impose l’art de la tache ! Dans un maniement qui doit plus à l’instinct qu’à un système.

L’abondance des « toiles « , la permanence des sujets, une technique si personnelle méritent qu’on s’interroge sur le sens de l’œuvre.
Même si c’est une banalité il faut bien dire que la peinture est le moyen d’expression d’une sensibilité à fleur de peau
ou à fleur d’âme de cet artiste: il n’y a chez ce peintre aucune volonté de démonstration ni de philosophie…il n’obéit qu’à un intense besoin d’exprimer sa vie intérieure d’où ne sont pas absentes la tristesse et les tortures de l’angoisse…
Dans la densité quasi-anarchique de la couleur, cet artiste trouve l’inspiration qui lui permet de réussir un paradoxe: suggérer l’émotion, avec une grande discrétion tout en maniant la peinture avec une grande audace !